Comment mon frère arrive à vivre et quel regard porte-t-il sur moi qui vis dehors et lui dans cette prison pas très sociale ! Les couloirs de cet hôpital sont sans couleurs, glacial et chaque pièce porte une résonance à vous faire des frayeurs immenses. Mes visites sont de longues discussions sur ce que je fais et lui ne me parle presque de rien. J'ai l'impression qu'il vit au travers de ce que moi je fais.
Je lui parle de mes cours, d'ailleurs, la rentrée approche. Avant j'étais dans un lycée d'horticulture, car je croyais que c'était ce qu'il me fallait et en fait, je n'étais pas du tout dans ma voie et j'ai fais que des conneries d'adolescente dans ce lieu. J'y ai eu mon brevet avec toujours ce manque de confiance en moi, infligé par une personne. Dans ce lycée j'y ai rencontrée une Emmanuelle que j'aime beaucoup. A présent je fais ma rentrée pour le sanitaire et sociale.
L'école est pour moi une évasion de mon quotidien familial et une source de chaleur que je recherche. Je dois réussir, car on me colle une étiquette de “ toi tu ne sais rien faire, t'écris comme un cochon... ”Cette humiliation quotidienne finit par avoir le dessus et déstabilise mon mental. Alors je me bats pour me reconstruire et pour prouver que les autres on tort. Ma mère (d'accueil) voudrait que l'on soit au top niveau, mais la façon dont elle s y prends est vécue comme une violence verbale et psychologique. Je pense qu'elle ne veut pas que notre vie ressemble à celle de nos vrais parents.
Je vais donc faire ma deuxième année de BEP et la rentrée approche. Ma première année était super, j'ai travaillé dur et mes résultats son très bien et mes profs sont très contents et me soutiennent.
Je dois vous laisser ma “dictatrice” m'appelle.
A vous Crystale
Mercredi 28 août 1996
Cher Evan,