Le 1 er janvier 1998,
Cher Evan,
J'ai passé mon réveillon avec ma soeur et ses amis, mais l'ambiance n'était pas comme les années précédentes.
Depuis que je ne vois ma soeur que très peu par mois, je sens une sensation étrange. La communication me faisait ressentir tant d'éloignement. Personne lors de la soirée n'a remarqué que je me sentais délaissée, personne ne m'a fait partager leur pourparler ni même fait danser. Je crois que ce fut le dernier réveillon en leur compagnie. Vous quittez des gens trois mois et ensuite lorsque vous vous retrouvez face à eux, le décalage pris dans leur vie, font de vous une étrangère externe à leur vie, vous etes en une fraction de seconde un inconnu. Hier soir j'ai eu mal de cette sensation bien ressentie. Depuis que je suis installée dans mon appartement combien de fois sont ils venus ? Il me semble deux fois pas plus ni une de moins.
L'amitié est devenue voilée, on ne s'aborde plus, pas d'échange, ce présent tellement près de moi et si lointain en une fraction de seconde. Que c'est-il passé, je crus bon de rester sur cette sensation remplie de crainte, juste plantée devant ce réalisme par des gens indolores que j'ai aimés et d'autre que j'aime par-dessus tout. Je préfère ne plus y penser et je suis partie retrouver Sophia et son patron avec lesquels j'ai enfin ma position et une place.
A vous Crystale
Le 10 janvier 1998
Cher Evan,
Je vous sors enfin de votre tiroir. J'étais très prise par les fêtes qui se sont bien déroulées. Repas sans famille juste quelques bougies et ma tendre amie Sophia. Des amis sont venus nous rendre visite dans mon appartement et nous avons fini la soirée en boîte de nuit. J'ai enfin reçu des nouvelles de ma chère Emmanuelle et j'ai été rassasiée de sa petite carte qui m'a fait exploser de joie. Voici ses mots :
Crystale,
C'est avec un peu de retard que je me permets de t'envoyer tous mes voeux pour l'année 1998. Je suppose que tu dois déborder de souhaits et je te souhaite de tout mon coeur de les réaliser. Je profite de ce petit mot pour te remercier de m'avoir envoyé ton recueil de poèmes .Quant à savoir ce que j'en pense, j'ai été très surprise et ravie de remarquer que certains m'étaient dédiés et je t'en remercie. Une seule petite remarque il aurait été bon que ton recueil se termine par ton poème “la joie”, car il résume toute ta passion et finit par une note optimiste pour toutes les autres personnes qui ont des rêves comme toi..... Elle termine par je t'embrasse. Manue Une larme de bonheur a effleuré ma joue, sa carte m'a consolé de tous mes chagrins de ne pas avoir eu des nouvelles de ma mère. Elle me félicite, je trouve qu'elle est formidable et je le penserai continuellement, elle mérite d'avoir quelques poèmes à son effigie, c'est un modèle pour moi. Je risque de vous écrire moins souvent, car je n'ai plus trop le temps et les journées pour ma part sont bien courtes. De plus je dois m'occuper de mon avenir professionnel et de ma vie amoureuse qui se concrétise petit à petit mais je ne vous en dirai pas plus.
A vous Crystale