table réfrigérée, dans une chambre mortuaire avec deux bougies de chaque côté de lui. Il était un peu violet et semblait juste endormi. Je l'ai regardé longtemps, mais je n'ai pas réussit à le toucher, j'avais peur c'est idiot. J'ai récupéré ses affaires, chacun de ses souvenirs, ses magnifiques dessins, ses photos, ses musiques un peu folles sont à présent dans un bel écrin. Son tee-shirt de Nirvana avec son odeur ne me quitte plus et j'espère que cette odeur ne partira jamais. Il était 15H30 hier et je suis allée à mon premier enterrement celui de mon frère, unique. Un enterrement pas simple, puisque d'un côté il y avait ma vraie mère et ses enfants et de l'autre nous et mon éducatrice, stricte intimité avait été choisie.
Pendant la courte messe dans la chapelle de l'hôpital, j'ai repensé à des souvenirs, à son visage, puis une envie forte de rouvrir ce cercueil au couvercle si plat .notre soeur était près de moi, me tenait la main Dieu merci !
Je pleurais sans faire trop de bruit quand soudain, j'ai senti un pincement fort et violent sur ma cuisse. C'était tout simplement celle qui nous avait élevé depuis plus de quinze ans qui a eu ce geste en me jetant à la figure :
“Arrête on a assez pleuré” Je fut choquée et je n'ai rien compris mis à part le fait de la haïr complètement et d'avoir eu si mal .Quelques minutes après je me suis retrouvée dans l'allée du cimetière, sans savoir réellement comment j'y étais parvenue. Cette allée m'a paru si longue, puis je suis arrivée à l'endroit précis où désormais il reposera. Frustration larmes, j'ai lu un poème magnifique qui lui revenait de droit avec toute ma tendresse. Personne ne saura vraiment la complicité qu'on avait ni à quel point on pouvait s'entendre, malgré nos disputes et ses crises de violences qui lui gâchaient la vie. Penchée sur son cercueil marron qui s'enfonçait petit à petit, j'ai pris la rose que me tendait ce prêtre, j'y ai déposé un doux baiser, puis elle est partie se déposer sur ce cercueil ou son nom était inscrit en doré sur une plaque brillante. A cet instant j'ai voulu hurler et les sanglots jaillirent plus fort que jamais...
Nous sommes repartis chacun de notre côté et je n'entendais plus rien,