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# Posté le lundi 12 février 2007 14:47

Modifié le vendredi 31 août 2007 16:33

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L'indépendance dont certaines personnes caractérisent comme une pulsion d'adolescence n'est certainement pas la représentation que je définirai comme telle. Les gens ne savent pas décrypter l'intérieur de ceux qui se trouvent face à eux et concluent bien trop souvent à de tristes pourparlers.
Ses gens devraient se pencher sur une rive et observer le relief d'eux même, que leur projette l'eau et qui plus est, de se faire une analyse psychologique et d'apprendre à ouvrir un dialecte, puis comprendre mieux leurs interlocuteurs.
Je ne suis pas encore une femme, mais sait on réellement quand le devient on ? Une chose dont je suis sure c'est que chaque individu à des dons formidables et une maturité bien cachée qu'il est dommage que parfois personne ne le voie.
A vous Crystale,
Le 16 janvier 1997,
Cher Evan,
Le boulot, mes stages expliquent ce manque irrégulier de vous écrire puis dites vous que lorsque je ne vous adresse rien tout va bien. Pour l'instant, j'ai eu une contestation violente avec ma dictatrice. Résultat, j'ai peur de tout, je me sens un petit grain de sable perdu parmi tant d'autres en plein désert. Mon flux sanguin s'affole et cette sensation me bouffe à petit feu, m'empêche d'être bien et je deviens un individu hébété. Je suis aller dans ma chambre et là j'ai suffoqué, puis la crise est venue et je suis partie... Une fraction de seconde j'étais ailleurs dans une sphère douce et sans bruit. A mon retour dans mon moi intérieur il restait juste la trace d'une sensation électrique dans mes mains, ma bouche et des filaments dorés au-dessus de mes yeux.
Il m'arrive souvent d'avoir ce phénomène on appelle cela des crises de spasmophilie. Je dois dire que ces crises m'aident à m'évader des instants qui me font peur et ensuite je suis paisible et détendue. J'ai passé un peigne dans mes cheveux et j'ai versé des larmes en voyant les nombres qu'elle venait de m'extirper avec une telle colère. A cet instant, j'ai eu une envie forte de tendresse, de recevoir des paroles réconfortantes, puis des bras me serrer pour enlever tout ce qui

# Posté le lundi 12 février 2007 14:49

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tremblait là dans mon intérieur.
Je voudrai dire aux parents :
“Arrêtez de dire à vos enfants que le monde est beau et rassurant et de les aveugler avec des babioles. Evitez d'employer des mots dans votre colère qui les rabaissent, car ses mots peuvent détruire une personne si petite soit-elle. Arrêtez de les écraser vous ne faites pas de la purée aujourd'hui, mais le rôle d'éduquer avec douceur. Il faut avoir confiance et comprendre que votre enfant peut avoir des attitudes de petit, mais être particulièrement en avance et comprendre des tas de choses, alors regardez bien votre enfant”.
Après cette altercation je suis partie valise en poche pour n'aller nul part et partout. Je suis allée là où habite mon ancienne pionne Emmanuelle, j'ai réussit a savoir où était sa demeure. Lorsque je suis arrivée, j'étais pieds nus, car ma mère m'avait couru après et en route j'avais perdu mes pantoufles dans ma course et j'étais tellement terrorisée par ma dictatrice. En face de moi il y avait des H.L.M. partout et je ne savais pas dans lequel elle vivait. J'ai donc fais toutes les boîtes aux lettres et au bout d'un long moment j'ai réussi à trouver son étage. Il y avait une grosse pendule sur la façade de son H.L.M. et en face des bassins d'orage. J'étais tremblante encore et j'étais fatiguée puisque j'avais passé la nuit dehors dans les bois. J'ai monté les escaliers et sans m'en rendre compte j'étais déjà devant sa porte. J'avais envie de la revoir et de lui parler juste trouver des paroles réconfortantes et savoir où j'en étais J'ai du resté devant sa porte vingt bonnes minutes puis je n'ai pas osé la déranger, juste le fait de me savoir à quelque pas d'elle j'allais déjà beaucoup mieux. Je suis donc descendue en bas je me suis assise sur un banc dans le jardin d'enfant et là par sa fenêtre je l'ai aperçue à son balcon. Puis ensuite, quelqu'un m'a prêter des chaussures, m'a offert un sandwich on a discuté, j'ai enlevé quelques tâches de sang qui traînaient ici et là et ma dictatrice est venue me chercher grâce à la police. Cette séance m'a fait prendre conscience que je ne dois pas m'auto détruire pour une femme qui me comprends pas mais me battre pour enfin vivre mon existence. Je vais tout faire pour avoir mon indépendance et partir loin pour moi. .
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# Posté le lundi 12 février 2007 14:51

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Dimanche 19 janvier 1997,
Cher Evan,

Je vais beaucoup mieux, mais les relations avec ma dictatrice sont plus calmes, mais je sens tellement de fausseté dans ses paroles.
La société a d'énormes problèmes en ce qui concerne d'offrir de l'emploi. Le chômage est une préoccupation de tous et un stress quotidien. Je pense que les entreprises devraient avoir moins de charges et plus d'aide de l'Etat afin que la situation s'améliore, mais dites vous bien quand l'état prête d'un côté on paye toujours plus



Ailleurs. La vie est dure et lorsqu'il faudra que je m'élance à mon tour dans ce système j'espère trouver ma voie et non celle du chômage.
Le monde est un terrier immense rempli de trous profonds, c'est à nous de nous battre et de ne pas tomber, mais jusqu'ou tiendrons-nous Je pense que d'ici 2004, la société sera en énorme difficulté financière et que les Français finiront par faire une révolution.
A vous Crystale

Mercredi 22 janvier 1997;
Cher Evan,

J'ai passé le permis de conduire et je l'ai raté. Je sais que ma mère est déçue et je m'excuse, mais j'ai si peur lorsque je monte dans une voiture. J'ai la certitude de voir que cet examen va être dur au niveau de ce qu'il provoque en moi.
Je repasse donc le permis le 7 février et j'espère y arriver, car j'en ai vraiment besoin pour ma vie professionnelle. Cet examen est de plus en plus dur à avoir au fil des ans. En attendant ma voix s'est perdue dans ma gorge...
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# Posté le lundi 12 février 2007 14:52

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# Posté le lundi 12 février 2007 14:52

Modifié le mardi 29 mai 2007 08:30

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Jeudi 23 janvier 1997

Cher Evan,
J'ai reçut une carte d l'Alpes d'Huez de ma soeur et ses amis, j'étais ravie et mon coeur a eu une palpitation douce. Le monde ne change pas beaucoup et je n'ai rien d'autre à vous dire, je dois bosser dur pour l'examen, les cours se compliquent à grande vitesse. Mes profs sont charmantes et me rassurent et je les aime. Que des prénoms que ma mémoire se rappellera : florence, nadine, frédérique.

Mercredi 19 février 1997
Cher Evan,

Je lis sans cesse des livres et je me suis aperçue que certains écrivains dévoilent toujours un brun de leur existence. Je trouve remarquable d'avoir sans pudeur l'envie de raconter un fragment de vie. Une partie de leur destinée qui permet aux lecteurs de comprendre une vie et d'y trouver des réponses en la découvrant puis on se doit en lisant ce fragment de le respecter. Dans la poésie on découvre tellement de messages de la part de ses auteurs, comme les fleurs du mal ou encore l'écrivain Torey L. Hayden. Juste a vous dire que se mettre dans le narratif c'est quelque chose de valorisant et tellement médicament cette technique. J'espère un jour devenir un grand écrivain avec mes poèmes et apporter un petit quelque chose à l'histoire. Il y a un détail qui ralenti mes projets, l'apport pour se faire éditer est un coût très onéreux. En attendant d'être connue je reste la poétesse de mon village et ses alentours, puis gagné quelques concours.
Je termine en vous disant que je n'ai pas eu mon permis de conduire.

A vous Crystale
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# Posté le lundi 12 février 2007 14:54

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Jeudi 20 février 1997
Cher Evan,

Je suis en vacance et il fait un soleil flamboyant. Je suis seule à la maison et ces moments de liberté sont une vraie bénédiction à mes yeux. J'ai fais toutes les corvées qu'un bout de papier m'avait transmis de faire et j'espère que ma dictatrice sera ravie et n'aura rien à me redire. Mon frère m'a appelé il était bien triste, les infirmiers le font tourner en bourrique et il perd confiance en lui. Il m'a dit que j'étais une fille bien et que j'allais réussir mon examen. Je suis triste de le savoir perdu et qu'il se considère comme un raté. Je vais lui écrire en espérant qu'il retrouve un peu la joie de vivre, je me sens si impuissante dans ces moments là. Il est mon frère je ne peux pas lui apporter ce qu'il a besoin et je culpabilise. Je vais reprendre mon stage bientôt en maison de retraite, si j'avais pu être acceptée en stage dans l'hôpital où il demeure j'aurai pu le voir plus souvent.
Je pense que le temps un jour fera qu'on sera ensemble un peu plus souvent, voici une raison d'être motivée pour ce permis de conduire et lui apporter ma présence. En ce moment je dois réfléchir au choix de ma prochaine rentrée et c'est dur comme décision, je ne sais pas trop quel établissement choisir afin de me trouver un appart.
A vous Crystale

Dimanche 23 février 1997
Cher Evan,

Cette nuit ma dictatrice est venue me réveiller avec aucune délicatesse, pour me demander les coordonnées de ma vraie mère. Je n'ai rien compris à ses questions et j'ai été surprise par son empressement de savoir surtout en pleine nuit. Je me suis rendormie avec toutefois des questions plein la tête et une sensation étrange d'un danger .Elle m'a réveillé d'une manière si brusque et elle avait dans le regard une
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# Posté le lundi 12 février 2007 14:55

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détresse si visible.
Je dois aller au boulot à bientôt.

A vous Crystale

Vendredi 28 février 1997,
Cher Evan,

Je ne sais pas, par quoi commencer, ni quoi dire, juste une envie de chaleur, d'avoir envie de parler là maintenant à Emmanuelle, car j'ai l'impression que je vais rentrer sous terre. J'aurai besoin d'entendre à nouveau ses paroles que j'ai tant entendues pendant deux ans et de revoir son sourire si apaisant.
Depuis lundi 24 février, une nouvelle terrible est venue à moi. L'être que je croyais fort, invincible, le sang de mon sang est dé-cé-dé. En pleine nuit le téléphone a sonné et je sais à présent pourquoi on m'avait réveillée et demandée des renseignements sur ma vraie mère. Ce n'est que le lendemain que j'ai été mise au courant, j'ai débauché de la maison de retraite, je suis montée dans la voiture et ma mère silencieuse a prononcé quelques mots :
“J'ai quelque chose de grave à t'annoncer ”
“Ton frère s'est pendu, il est mort”
A l'annonce de ces phrases je ne savais plus qui j'étais et où j'étais juste une envie de courir dans ses bras et me dire que cela n'étais pas vrai. Perdu dans cette vie qui lui avait donné un départ si dur, il n'a pu réussir à oublier ses souffrances, et a préférer partir loin. Il s'est éteint brutalement dans l'espoir d'avoir trouver un monde moins pénible et sans heurts, je n'oublierai jamais ces jours et tous les autres qui ont suivi avant et après son enterrement. Depuis tous mes sommeils des nuits précédentes ont été tourmentés et nauséeux. Seule dans ma chambre en bas les crises sont souvent venues à moi et dans le silence je me consolais. Je me suis torturée à me faire vomir, comme pour me punir de ne pas avoir été là pour l'empêcher de faire cette erreur. Toutes les nuits je revois l'image de la morgue, lui, allongé sur une
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# Posté le lundi 12 février 2007 14:56

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table réfrigérée, dans une chambre mortuaire avec deux bougies de chaque côté de lui. Il était un peu violet et semblait juste endormi. Je l'ai regardé longtemps, mais je n'ai pas réussit à le toucher, j'avais peur c'est idiot. J'ai récupéré ses affaires, chacun de ses souvenirs, ses magnifiques dessins, ses photos, ses musiques un peu folles sont à présent dans un bel écrin. Son tee-shirt de Nirvana avec son odeur ne me quitte plus et j'espère que cette odeur ne partira jamais. Il était 15H30 hier et je suis allée à mon premier enterrement celui de mon frère, unique. Un enterrement pas simple, puisque d'un côté il y avait ma vraie mère et ses enfants et de l'autre nous et mon éducatrice, stricte intimité avait été choisie.
Pendant la courte messe dans la chapelle de l'hôpital, j'ai repensé à des souvenirs, à son visage, puis une envie forte de rouvrir ce cercueil au couvercle si plat .notre soeur était près de moi, me tenait la main Dieu merci !
Je pleurais sans faire trop de bruit quand soudain, j'ai senti un pincement fort et violent sur ma cuisse. C'était tout simplement celle qui nous avait élevé depuis plus de quinze ans qui a eu ce geste en me jetant à la figure :
“Arrête on a assez pleuré” Je fut choquée et je n'ai rien compris mis à part le fait de la haïr complètement et d'avoir eu si mal .Quelques minutes après je me suis retrouvée dans l'allée du cimetière, sans savoir réellement comment j'y étais parvenue. Cette allée m'a paru si longue, puis je suis arrivée à l'endroit précis où désormais il reposera. Frustration larmes, j'ai lu un poème magnifique qui lui revenait de droit avec toute ma tendresse. Personne ne saura vraiment la complicité qu'on avait ni à quel point on pouvait s'entendre, malgré nos disputes et ses crises de violences qui lui gâchaient la vie. Penchée sur son cercueil marron qui s'enfonçait petit à petit, j'ai pris la rose que me tendait ce prêtre, j'y ai déposé un doux baiser, puis elle est partie se déposer sur ce cercueil ou son nom était inscrit en doré sur une plaque brillante. A cet instant j'ai voulu hurler et les sanglots jaillirent plus fort que jamais...
Nous sommes repartis chacun de notre côté et je n'entendais plus rien,
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# Posté le lundi 12 février 2007 14:57

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je m'efforçais d'avoir son image en tête de peur de l'oublier. La nuit c'est devenu un film qui passe et repasse et mes spasmes électriques ainsi que mes filaments dorés viennent, puis l'espoir de le voir parmi eux me passe dans l'esprit. Personne ne parle à la maison et je n'ose dire à ma mère la douleur qui m'oppresse. Oh! Ma douce Manue comme tu me manque à cet instant si fragile et dur de mon existence.

A vous Crystale


Vendredi 7 mars 1997
Cher Evan,

C'est l'anniversaire d'Emmanuelle et pour une fois je n'y pense pas et je ne lui écrirai pas, puisque mon esprit est ailleurs. Les jours sont bien durs à vivre, je pense toujours à lui, à ce qu'il peut bien faire et dans quelle sphère est il allé sans moi ?Je me revois en train de faire les faire-part de remerciements pour tous ceux qui m'ont soutenu par leur courrier. Mon frère s'est suicidé parce qu'il était déçu que les infirmiers et son docteur ne lui aient pas laisser une chance d'aller dans son nouveau centre tant attendu.
Le manque de paroles réconfortantes remplacées par des piqûres envoûtantes a fini hélas de le tuer. Je pense et maintiens que l'hôpital psychiatrique n'était pas la solution. J'ai vu une émission de télévision qui parlait d'un jeune souffrant comme mon frère et sa mère lui avait trouvé un centre adapté avec un appartement, une vie normale, je regrette qu'on ne lui ai pas donné ce lieu qui lui aurait mieux convenu. J'ai une sensation de solitude immense et j'ai l'impression que le reste de la famille l'oublie puisque personne ne parle de sa souffrance, ne parle de lui.
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# Posté le lundi 12 février 2007 14:58